Journal du journal de La Construction
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Journal du journal de La Construction, par PERRINE LE QUERREC
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Les jeudis en résidence # 1 : Iosi Havilio

tof

Pour ce premier Jeudi en résidence, l’auteur argentin Iosi Havilio revient sur son parcours d’écrivain d’une manière amusée et amusante. Il termine son intervention par une lecture en espagnol d’un texte inédit.

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Classé dans: 4.80 Littérature argentine

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Svetlana Alexievitch

par Emmanuel Adely

Additions de voix d’hommes et de femmes et de femmes surtout, les livres de Svetlana Alexievitch sont des recueils de paroles simples c’est-à-dire de paroles de gens simples qu’elle nous fait entendre au plus près de leur bouche, de leur présence physique, très exactement là, en face. Et ça, déjà ça cela est énorme, être dans ce face-à-face immédiat et écouter l’autre, écouter le témoin des choses, l’entendre en le lisant. Peut-être c’est cela d’ailleurs qui aussitôt stupéfie, cette écriture qui fait entendre la peau de l’autre. Son souffle. L’homme et la femme au milieu de. Lisant Alexievitch, j’entends l’autre, je vis l’autre, je le suis. L’écriture d’Alexievitch est charnelle, absolument incarnée, en elle-même elle est un corps et elle est tous les corps.
Qui traversent la Seconde Guerre mondiale côté soviétique (La guerre n’a pas un visage de femme), ou l’après Tchernobyl (La Supplication), ou la chute du communisme en ex-URSS (La Fin de l’homme rouge), et nous entraînent après eux et avec eux. Dans ce tragique au quotidien, dans la simplicité de l’événement vécu.
Alexievitch fait simplement parler l’humain et ainsi nous place à la place. De. L’autre que je pourrais être aujourd’hui après un accident nucléaire, hier pendant la guerre, moi dispersé en une infinité de voix possibles. Qui parlent, déversent ce flot de mots jamais dits, ou jamais dits ainsi. Dans la confiance de l’écoute la parole surgit, renversante. Tout ce matériau-là, magistralement agencé, est donné ainsi, sans recul apparent, jusqu’à créer une polyphonie proche, à l’évidence, du chœur antique et classique, mais un choeur contemporain, pris dans la tragédie de l’histoire. De l’oralité de cette foule vivante, Alexievitch fait œuvre gigantesque, un instantané de notre présence au monde, et atteint ainsi à notre universel, celui de la condition humaine. C’est incontournable.

 

Classé dans: 1.10 Littérature russe

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Thanassis Valtinos

par Emmanuel Adely

Thanassis Valtinos est un des plus grands écrivains contemporains mais à peu près inconnu en France je ne sais pas pourquoi, comment on se prive d’une œuvre remarquable et dense, largement disponible en français, une œuvre stylistiquement et thématiquement unique qui touche à l’essentiel c’est-à-dire avant tout à l’humain, et uniquement à l’humain. Et ce quel que soit le sujet, le motif abordé.

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Classé dans: 3.35 Littérature grecque

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Holocauste de Charles Reznikoff

par Emmanuel Adely

S’il y avait un seul livre à lire sur l’holocauste, ce serait celui-là ; s’il y en avait deux, il faudrait lui ajouter L’espèce humaine de Robert Antelme ; s’il y en avait trois, Eichmann à Jérusalem d’Hannah Arendt serait ce troisième. Mais admettons qu’il n’y en ait qu’un : ce serait celui-là.
Il y a quelque chose d’évidemment et d’immédiatement obscène à dire qu’il s’agit là d’un livre magnifique, et pourtant il s’agit là d’un livre magnifique, ou grandiose, ou majeur, ou essentiel, ou le tout : d’une écriture qui ne serait que l’ossature de l’écriture, sans aucun ajout sentimentaliste ; dans une langue « pauvre » c’est-à-dire retenue et apparemment purement factuelle ; avec un souffle qui serait celui de la respiration hachée, à bout, de ceux qui ont subi. Se limitant à la seule recension de faits issus de procès-verbaux, écrivant au plus près du geste, simplement des gestes des victimes et des bourreaux, les coups, les chutes, Reznikoff déversifie la geste de ce qui n’a pas d’autre nom que l’enfer. Un monument.

Classé dans: 8.20 Littérature américaine

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Liberate me for New Year’s Eve

Theo

Au terme de sa résidence d’écriture à Montricher, Theo Hakola nous a fait le plaisir de donner en solo un concert dans l’auditorium. Voici la seconde chanson du set Liberate me for New Year’s Eve :

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Classé dans: 8.20 Littérature américaine, VARIA

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… et Pierre Jeanneret

par Emmanuel Adely

eas

 Ce serait un hommage à un homme, à un homme inconnu, méconnu ? Inconnu. Pierre Jeanneret. Qui ? Le cousin de, toujours à préciser – un homme à préciser -, insaisi, sur lequel rien ou quasiment n’a été fait ou dit, un hommage à la discrétion. À l’élégance de l’effacement, derrière l’œuvre, un hommage à l’engagement, un engagement total, un engagement de quinze ans, derrière l’œuvre, sous l’immensité de l’œuvre. Quelle œuvre ? Une ville. Chandigarh. Rien moins qu’une ville : un monde. Ce serait l’hommage à cette œuvre-là – de cet homme-là à préciser.

… et Pierre Jeanneret est un work in progress, l’annonce d’un film, une dérive dans une vie et dans une ville.

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Classé dans: 2.10 Littérature française, VARIA

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Histoire d’une dévoration

par Alban Lefranc

8heures

« J’avais, tout simplement et sans en avoir conscience, fait de l’imaginaire de Döblin ma propre vie. » Rainer Werner Fassbinder n’a pas seulement adapté pour la télévision le roman monstre d’Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz, paru en 1929, à travers une série de quatorze épisodes. Entre lui et ce livre qui, adolescent, « l’empêche de crever », il y a bien plus qu’un dialogue ou le choix calme et réfléchi de certains thèmes ou principes esthétiques : l’amour comme l’instrument le plus efficace de l’oppression sociale, l’élévation dans le mythe de personnages en apparence insignifiants, le goût du mélodrame, etc. Dans presque tous ses films, le cinéaste tord le roman à travers ses obsessions propres, le déplace, le réinvente, mais le roman résiste et le tord en retour.
L’écrivain Alban Lefranc, actuellement en résidence, décrit pour nous quelques moments de cet étrange corps à corps entre un livre et un cinéaste.

(suite…)

Classé dans: 7.10 Littérature allemande

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Beckett et les concombres

slide

Né en 1986, Matías Battistón est un traducteur littéraire argentin. Au cours des cinq dernières années, il a signé la traduction en espagnol de plus de trente ouvrages d’auteurs tels que Marcel Proust, James Joyce, Oscar Wilde, John Cage, Édouard Levé ou encore Samuel Beckett.
C’est sur ce dernier qu’il a choisi d’intervenir ce mardi, nous offrant une conférence presque borgésienne sur l’expérience vertigineuse de traduire l’auteur de L’innommable.

Classé dans: 8.11 Littérature irlandaise

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L’alphabet plutôt que rien / L’arbre intégral

Constance Chlore et Donatien Garnier font partie des premiers auteurs en résidence pour cette année 2018. Ils nous offrent chacun une lecture de leur poésie.

*

constance

Constance Chlore a choisi de nous lire des extraits de son dernier recueil L’alphabet plutôt que rien qu’elle définit comme « poèmes-étapes, des poèmes-franchissements dans une traversée chaotique vers la construction de soi, de l’amour et du langage ».

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donatien

Par la relation millénaire qu’il entretient avec l’arbre, l’être humain s’est constitué une mémoire et une pensée arborescente qui ont déterminé ses conceptions philosophiques et politiques dominantes. Les systèmes centralisés auxquels elles ont donné naissance ont privilégié la figure de l’arbre isolé et hiérarchisé aux dépends de celle de la forêt interconnectée et interdépendante. Avec l’avènement des réseaux numériques et des théories de la complexité, le psychisme humain est-il en passe de se métamorphoser ? Cette évolution ira-t-elle vers l’émergence d’une pensée rhizomique, décentralisée et écosystémique ? Mettra-t-elle fin à la déconnexion de l’homme avec la nature ? Continuera-t-elle au contraire à l’accentuer, précipitant le désastre écologique et climatique en marche ?

De ce postulat, le poète Donatien Garnier a créé L’arbre intégral, un projet en trois volets comprenant un livre web, un spectacle en réalité augmentée et une installation forestière. Il nous en livre une lecture interactive et en mouvement.

Classé dans: 2.10 Littérature française

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Sur les volcans

 Par Patrick Deville

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Depuis près de vingt ans, avec notamment Pura Vida, La tentation des armes à feu et Viva, l’Amérique latine est la base arrière pour l’écriture des «romans sans fiction» que nous offre Patrick Deville. Son dernier roman Taba-Taba ne déroge pas à la règle, avec des traits d’union en Équateur, au Mexique ou encore au Pérou. Les diverses actions que mène sa Maison des écrivains étrangers et traducteurs à Saint-Nazaire, dont la remise du Prix de la jeune littérature latino-américaine, permettent également de nous avec lui plonger dans la création littéraire actuelle.

 

Classé dans: 2.10 Littérature française, 4. LITTÉRATURE DE LANGUE ESPAGNOLE

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